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4e de couverture
EXTRAITS
"Nous sommes dans un monde, c’est visible, où non seulement le Seigneur Dieu est nié, rejeté, mais où la nature des choses est méconnue ; un monde qui n’admet plus qu’il existe une nature des choses, une loi des actions humaines, une norme objective des mœurs et des institutions.
"On ne se rend pas assez compte à quelle profondeur la vie publique française est laïcisée, combien cet état de choses est dommageable pour les âmes et que le remède ne réside pas seulement dans un témoignage de charité. La prédication de l’Evangile que le témoignage de la Charité et des vertus qui font corps avec la Charité ne rendent pas vaines, anachroniques, « dépassées » l’étude et la diffusion de la saine doctrine touchant les institutions temporelles.
"[Alors] Pour quelle raison le laïc qui fonde des groupes de travail afin de connaître et de faire connaître […] la saine doctrine […] se voit-il traité comme un pauvre imbécile (et dangereux, par surcroît) […] ? […] Vous voulez réagir contre la dissolution mentale et morale ; pour cela vous faites étudier ces petits livres du Pape qui s’appellent les encycliques ; vous essayez d’une méthode qui non seulement apprenne à étudier, mais aussi à parler, à répondre, à persuader, à réfuter, […] eh bien ! si vous faites cela prenez note et retenez bien que vous n’êtes qu’un médiocre « incompétent théologique ».
"[Au contraire] Je ne pense pas que la présence d’un aumônier, quelle que soit la couleur de sa robe, dans un groupement de laïcs, apporte toute sécurité du point de vue doctrinal et spirituel. Le laïc n’a quand même pas besoin d’être chaperonné par le clerc en toutes ses activités.
Le cléricalisme est la volonté de puissance avec la forme particulière qu’elle revêt chez le clerc. Le clerc atteint du cléricalisme sous la forme classique abuse de son autorité pour défendre un ordre de choses qui, au moins en apparence, favorise la religion et qui procure à lui-même, ministre de la religion, la tranquillité et le succès. De nos jours nous avons vu apparaître une autre forme de cléricalisme. Le cléricalisme n’a point disparu ; il s’est inversé. Il arrive de nos jours que les abus d’autorité des clercs, tant séculiers que réguliers, travaillent à faire reconnaître, et avec quel acharnement, un ordre de choses tout à fait opposé à la religion dont ils sont les ministres.
Le cléricalisme inversé suppose, me semble-t-il, un certain fléchissement, un certain appauvrissement de l’expérience de la nature. Si l’expérience de la saine nature n’était pas atteinte et affaiblie je doute que l’orgueil clérical prendrait cette forme aberrante."
Père Roger-Thomas CALMEL
